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Prostatite, épididymite et orchite


Syndrome

Épididymite ou orchi-épididymite : Tableau de douleur testiculaire habituellement unilatérale, avec sensibilité du testicule ou de l’épididyme à la palpation, inflammation et tuméfaction de l’épididyme, hydrocèle, érythème ou œdème du scrotum, fièvre et parfois l’écoulement urétral. Il est important d’éliminer une torsion testiculaire en cas de doute.

Prostatite aiguë : Tableau de température, frissons, myalgie, douleur pelvienne profonde et symptômes urinaires bas. Le toucher rectal est non équivoque avec une sensibilité importante et un volume parfois augmenté de la prostate. 

Prostatite chronique : Tableau de prostatite moins intense, mais persistant pour plus de 6 semaines. Il n’est pas indiqué de débuter un traitement empirique, mais plutôt de cibler la thérapie en fonction des cultures spécifiques à ce type d’infection.

Bilan initial

  • Analyse et culture d’urine 
  • Hémocultures x 2 en présence de sepsis
  • PCR N. gonorrhoeae et C. trachomatis

Agents étiologiques

  • N. gonorrhoeae et C. trachomatis (si facteurs de risque d’ITSS ).
  • Bâtonnets à Gram négatif incluant entérobactéries, Pseudomonas aeruginosa et Enterococcus sp. (surtout dans contexte de manipulation urologique récente ou âge ≥ 35 ans).
  • Il est possible d’avoir une combinaison des deux avec un homme plus âgé 

Traitement

N. B. : Étant donné la résistance croissante des uropathogènes, il est important de vérifier les cultures antérieures pour mieux sélectionner l’antibiothérapie empirique initiale, puis de faire un suivi rapproché de la culture afin d’ajuster celle-ci vers un traitement ciblé approprié.


AVEC FACTEURS DE RISQUE D’ITSS

  • Ceftriaxone 250 mg IM x 1 dose et doxycycline 100 mg po BID
  • En présence d’une prostatite ou d’une suspicion ajoutée d’infection à bâtonnets Gram négatif, Ceftriaxone 250 mg IM + Lévofloxacine 500 mg po DIE

SANS FACTEUR D’ITSS ET RISQUE D’INFECTION À BÂTONNETS GRAM NÉGATIF

  • Ciprofloxacine 500 mg po BID
  • Triméthoprime-sulfaméthoxazole DS 1 co po BID

INFECTION SÉVÈRE (SEPSIS)

  • Pipéracilline-tazobactam 3,375g IV q 6h
  • En présence d’une allergie médicamenteuse, faire une consultation en microbiologie.

Thérapie séquentielle

Modification du spectre : le plus rapidement possible et selon culture et antibiogramme, ainsi que selon le résultat du PCR C. trachomatis/ N. gonorrhoeae

Passage de IV à PO : lorsqu’amélioration clinique, patient apyrétique, PO toléré et résolution de la leucocytose

Durée: 

  • Prostatite aiguë, Épididymite ou Orchite: 14 jours, mais peut être prolongée selon l’évolution clinique (considérer une durée de traitement ad 4 à 6 semaines si prostatite sévère et/ou retard de réponse clinique au traitement adéquat)
  • Prostatite chronique : 4 à 6 semaines

Autres considérations

  • En cas de non-réponse au traitement ou sepsis important, un scan pelvien ou une échographie transrectale est suggérée pour éliminer la présence d’un abcès
  • Considérer consultation en urologie si complications ou non-réponse au traitement
  • Si causée par C. trachomatis ou N. gonorrhoeae :

    • MADO
    • Gestion des contacts : dépistage ad 60 jours avant le diagnostic (Code index : K, Code partenaire/contact : L)

Références

Mandell, Douglas, and Bennett's Principles and Practice of Infectious Diseases, 8th Edition (2015), Urinary tract infections, chapter 74

INESSS, ITSS – approche syndromique, traitement pharmacologique avril 2017

Sanford Guide Collection, Prostatitis, Bacterial, Acute, treatment, update June 16, 2016 

 

(Fiche approuvée par service de MMI, Novembre 2017)